Ti Dodo trail à l’île Maurice

Un trail d’enfer vers le paradis

Lien internet : http://www.dodo-trail.com/fr

profil du Ti Dodo trail

Récit de Philippe Bourgeois, notre raideur expatrié à la Réunion

Vendredi 20 juillet
12h00 : Embarquement et direction Maurice, 50’ de vol.
Arrivée sur place, prise des quartiers à l’hôtel Tamarin puis il est déjà l’heure d’aller à La pirogue récupérer mon dossard et assister au briefing.
Ce dernier nous promet un parcours très dur !

Samedi 21 juillet
5h15 : réveil et petit déjeuner.
7h00 : déplacement en bus vers la zone de départ située aux Gorges de la rivière noire.
Le temps est parfait, échauffement en bonne et du forme.
8h00 : précise le top départ est donné.
Philippe : dossard 333

J’ai décidé de partir assez vite, du coup je me retrouve presque seul avec un autre coureur. Nous sommes tous les deux surpris de cette situation.
Nous sommes en forêt, en léger faux plat. Il faut peu de temps pour que quelques concurrents nous dépassent.
A peine 1,5km et nous entamons la première ascension, Brise fer (ça veut tout dire !). Ca grimpe sec, mais comme c’est une piste ça reste ’’courable’’.
Nous atteignons un passage propice à la relance bien que nous soyons maintenant sur un sentier dont le sol est un peu gras, mais ça ne dure pas longtemps et rapidement nous reprenons la grimpette.
Finalement nous arrivons rapidement au sommet, 1er ravitaillement et point de contrôle. 6.2 km 550+ en 43’.
Je ne m’attarde pas, un verre de coca et je me lance dans la descente.
Mes ardeurs sont vite calmées, j’ai l’impression de me retrouver à La Réunion, un sentier particulièrement abrupte fait d’un amalgame de marches au milieu de racines et pour couronner le tout humide.
Aie aie aie, qu’est ce que je suis encore venu faire dans cette galère ?
Finalement ce passage n’est pas trop long. La suite permet de se lâcher beaucoup plus. A en croire un gamin sur le bord du chemin je suis 11ème.
La descente se termine par un bon km de macadam.
Je rattrape 2 coureurs. Toujours en forêt, nous entamons une nouvelle montée. La progression n’est pas facile, je me demande même s’il existe réellement un sentier ! Mais là encore ça ne me paraît pas trop long.
Au bout, la première échelle qui permet d’accéder à un terrain privée. Il y en aura plusieurs puisque nous allons traverser plusieurs propriétés.
De nouveau une descente, le paysage est complètement différent, on se croirai dans la savane. Un terrain très agréable pour courir. Je reviens encore sur deux autres coureurs. Ca remonte un peu, puis ça redescend.
Pour l’instant tous les voyants sont au vert, je relance bien. Presque 16km de parcouru, 790+ 1h37.
Nous voilà déjà au second ravito. On nous conseille de bien se ravitailler, ce qui nous attend n’est à priori pas de tout repos.
J’ai mangé une barre il y a environ ¼ d’heure, je me contente donc d’un coca et de refaire le plein de mes bidons.
C’est reparti. Nous sommes toujours sur une piste assez large. Puis tout d’un coup, il y a plein de monde, nous rejoignons les concurrents du 14 km.
Yop yop yop, tut tuuuuuut, le chemin n’est pas trop étroit, les gens s’écarte pour me permettre de passer plus facilement. Merci, merci … Ca redescend encore un coup avant d’attaquer la dernière ascension, la Tourelle.
Nous voici au pied, c’est vrai qu’il paraît loin le sommet, mais surtout nous ne voyons pas le chemin, je me demande où il passe.
Une première partie de faite, une nouvelle échelle et les parcours se séparent. Ca c’est de la grimpette, de la vrai. Même si c’est presque carrossable, c’est le 4x4 obligé.
Le sommet semble se rapprocher, mais où est donc la trace ?
Wouahou, mais oui, il faut attraper la corde pour franchir ces quelques blocs … Ou la la, changement d’effort, ça tire, les crampes ne sont pas loin, faut y aller mollo. Que c’est dur, je pense effectivement que nous sommes sur des passages à près de 30%.
Heureusement, la vue est imprenable, la baie de Tamarin s’offre à nos yeux. Des eaux bleues turquoises de toutes beautés.
19 km, 1490+ et déjà 2h43, j’atteins enfin le point culminant, 506 m, il ne reste plus qu’à rejoindre la plage !
Commence une descente très raide et très technique.
La première partie dans les rochers, là encore il y a des cordes pour se retenir.
La seconde portion est sur un sol recouvert de sable, l’arrêt est quasi impossible, il faut jouer avec la glisse comme en ski sur la neige.
Finalement ce type de terrain me va bien et je rejoins rapidement et sans encombre le bas du sentier.
Ensuite une toute petite partie de route, puis nous rejoignons les bords de la rivière.
Un dernier passage sur des rochers puis les pieds dans l’eau en passant sous un pont. Nous arrivons à Tamarin où nous attends sur le stade le dernier ravito, 22,5 km. Je passe sans m’arrêter et dès le portail passé je découvre la plage.

Il reste 4,5 kilo, ça va être costaud …
Une chance, la mer est basse et finalement en courant près de l’eau le sable n’est pas trop mou, mais le rythme est quand même moins rapide.
Bonne surprise, nous quittons la plage pour un sous-bois bien sympathique, j’ai encore un peu de jus et j’arrive à relancer.
Ce passage n’est pas très long, un km tout au plus. Nous nous retrouvons donc de nouveau sur la plage pour les 2,5 km restant.
Je tente de maintenir l’allure mais le sable fait son effet et je sature vite, pour une fois c’est plus les mollets que les cuisses qui chauffent !
La mer est belle, le sable est presque blanc, il y a les cocotiers et les palmiers, enfin j’aperçois les oriflammes qui indique l’arrivée, mais il faut traverser le sable bien mou pour les rejoindre.
Ca est j’y suis presque, ma fille Maëva m’attend, je lui prends la main et nous passons la ligne d’arrivée ensemble, Laura aussi est là pour faire quelques photos.
3h38, même avec ce dénivelé je ne pensais pas mettre si longtemps.
Et pourtant quelle formidable surprise lorsque le directeur de course annonce que je suis 6ème et 1er vétéran.
Je suis HEUREUX … tout simplement.
J’ai eu droit au bisous de ma femme, manque juste celui de Fabien sur le front !
Je récupère un peu, quelques photos avec le « Dodo » puis c’est l’arrivée du 1er du 52 km et c’est Erik Clavery notre champion du monde qui franchi la ligne en vainqueur. J’aurai par la suite le plaisir de faire une photo à ses cotés.

Voili voilou, le slogan, « Une traversé d’enfer vers le paradis » n’était pas usurpée.
C’était très dur, magnifique en même temps, j’ai adoré, et cerise sur le gâteau le résultat est là, encore une fois que du bonheur.
Maintenant quelques jours sur place pour entamer de la meilleure façon qui soit une bonne récup.
Enfin pour terminer, comme d’habitude, merci à tous ceux qui m’aident et me permettent de me faire plaisir sur ces belles courses.
Je pense bien sur à Athlète Endurance pour les plans d’entraînements, ainsi que ceux qui me conseillent, les partenaires de mon équipe de cœur "La sélection nationale des coureurs à pied du Matériel", EAFIT et UNDER ARMOUR (pour ne citer que les principaux), et surtout à ma femme qui me laisse m’entraîner comme j’en ai envie.
Merci à tous, à bientôt ...

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